dimanche 17 septembre 2017
Entre Nous ( V )
La nuit s' ébroue longtemps
pour qui n' habite plus ses matins
Au loin grogne une terre
Double berceau lauré d' exil
dimanche 3 septembre 2017
L' orante
Bruit d' étoffe que l' on froisse puis elle tombe à genoux. Pose le Livre devant elle.
Négligeant le signet, l' ouvre au petit bonheur.
Vêtue de neige et pourtant nue, elle replace la torsade de sa coiffe dans un geste d' épouse.
Là voilà douceur et poussière; amazone et servante. Veilleuse de nos nuits d' ogres.
Phare nimbé recevant, bras en croix, les tempêtes glacées de nos errements d' hommes.
Elle s' agite. Sent le froid de la dalle sous le lainage épais de la robe de bure. Croise les doigts. Balance. On entre en prière comme on s' apprête au combat: à coup de petites manies, de peintures sur la peau de l' âme.
Un pilier cache à demi la silhouette drapée dans sa solitude de cellule.
Elle penche pour mieux téter les nues. Se plie pour caresser le ciel.
De sa nuque inclinée, soumise et fière de battante et de vierge, monte une voix silencieuse, épaisse, absorbant tout l' espace, tapissant de clémence la dureté des pierres, enturbanant de fièvre le pâle ivoire des statues.
Elle tourne sur elle-même, les genoux restant là, à contenter la terre, le buste offert au vent divin, aux baisers de l' époux. Herbe ou tige ondulante, frêle derviche, poussant la chair abandonnée dans des girations incertaines, des oscillements de funambule.
Tout juste éclose d' une lumière de vitrail, elle a quitté ce monde.
Par elle, Dieu a trouvé son chant.
jeudi 24 août 2017
Entre Nous ( IV )
Etroite est la parole
Pour dire le temps d' eau vive
Nos chairs piquées de feu
Forgeant un seul rivage
Chaque instant était fruit
Qui distillait son suc
Un éternel été
Aux saisons que nous sommes
samedi 24 juin 2017
Entre Nous ( III )
Sous le ciel piqueté de feuillage
la lumière est un chant d' église
Dors,
du long sommeil ivre
de l' enfant juste né
Nos histoires sont de peaux
Frottées de rires solaires
dimanche 21 mai 2017
Entre Nous ( II )
Il arrive qu' une mer d' ombre
Infiniment contuse
de brisants
de fortins
Nous confine à l' exil
Oh, recoudre les voiles
sur le grès du silence
Me panser à tes mots
lundi 8 mai 2017
oeil ( 5 )
Dans l' étonnement du jour
L' oeil, vaste, a des lacis de baleine franche
Notre lit est un môle, tu ancres le matin
Baignée d' or et de bleu, je suis
Ta désirante
samedi 22 avril 2017
Entre Nous
Pour le dire il faut des mots serrés,
Haletants comme ces algues
Qui font le lit des sources;
Croissants, telle la mer,
Telles des clartés d' aubes
Sur les blés argentins
Une voix qui s' élance et chevauchant l' écume
Ne saurait se voûter
Sous la poigne des ans
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