mercredi 8 mai 2019

Ichor


Nos corps sont pris d'un même sable
Longtemps j'ai longé
le clair espace où bat ton sang

Que serait le paradis
sans cette mer étale
au froissis des chambres rompu ?

Tes bras refermés sont ma conque
Et la nuit a beau faire,
ne s'étend que très bas


dimanche 3 février 2019

Frimaire


C'est un jour comme les autres, toujours la même histoire
d'un hiver qui tourne et tourne comme
le lichen en charpie dans la panse des boeufs

Ecrire, dis-tu, mais quoi
quand on est soi-même l'hiver,
ses cristaux de silence ?
Que tout ce qui palpite
corail et sang, peaux vives
se replient en gésine au fond des gorges sèches ?

Les mots en deuil fauchent large
Reviennent les lunaisons
où s'écrit le poème

Vers toi, ma pierre d'angle,
Rouleront des mots nus, seulement bagués d'or


dimanche 16 décembre 2018

Nocturnes ( en aparté )


Il fallait bien qu'il finisse
le soir hurlant en son hiver
Le gris cortège aux têtes dévissées

Il fallait bien s'en défaire
comme d'un manteau glacé de bruine

Nuit de miel noir
enlisée dans nos gorges
J'ai cueilli ton levant

Tisonné de mon souffle une aube gracile


mercredi 17 octobre 2018

In cathedra


Etait-ce le ciel déjà
Quand des liernes de roses exhalaient leur encens ?

Les orgues chantaient des louanges, en vieux ténor de cuivre
Une lumière de vitrail partout jetait ses confettis

Vers quelle noce allait-elle dans son corps en ogive
Quelles prières martelait le bruit sec du bâton ?

Mêmes orgues et même encens
même soleil en rosace
Sur le bois du cercueil
qui va pareil

Au scarabée griffant son chemin de poussière

lundi 1 octobre 2018

Nocturnes ( fin )


Et de l'arche de celle qui nous tient séparés
jette tes rîmes en caresses

Dis-moi l'aube et le calice du jour

L'ombre froidit
demain déjà tisonne ses clartés

Ô nuit, je fus ta sentinelle !



mercredi 19 septembre 2018

Nocturnes ( 5 )


La nuit est pleine, attèle nos hypogées
aux flancs soyeux des chevaux de halage

Qu'elle ne dure que l'espace d'un souffle qui se défroisse

Des très lentes ténèbres
à la rosée du jour





dimanche 9 septembre 2018

Nocturnes ( 4 )


Nous sommes faits de nos tristesses
Aux soirs d' exil qui se cognent

à l'écho. Midi déjà
ressemblait au couchant

De blancs haillons de nuit
feutraient septembre

Et ses grelots de miel