mercredi 15 novembre 2017

Entre Nous ( VII )


Faut-il encore que nos lèvres appareillent
Au caprice des sources
Abreuvant le désert
De leur présence nomade ?



dimanche 12 novembre 2017

Entre Nous ( VI )


Dans la chambre rouée, je serrais l' horizon
de silex dans mes mains
Des tessons de clarté recouvraient de limaille
notre terre naïve

Et ses nuits d' albatros


dimanche 1 octobre 2017

oeil ( 6 )




                                                         Tes yeux se penchent et c' est
                                                              L' horizon, lèvres nues,
                                                Qui entrouvre la nuit sur des jardins de ciel




dimanche 17 septembre 2017

Entre Nous ( V )


La nuit s' ébroue longtemps
pour qui n' habite plus ses matins

Au loin grogne une terre

Double berceau lauré d' exil



dimanche 3 septembre 2017

L' orante


Bruit d' étoffe que l' on froisse puis elle tombe à genoux. Pose le Livre devant elle.
Négligeant le signet, l' ouvre au petit bonheur.

Vêtue de neige et pourtant nue, elle replace la torsade de sa coiffe dans un geste d' épouse.
Là voilà douceur et poussière; amazone et servante. Veilleuse de nos nuits d' ogres.
Phare nimbé recevant, bras en croix, les tempêtes glacées de nos errements d' hommes.
Elle s' agite. Sent le froid de la dalle sous le lainage épais de la robe de bure. Croise les doigts. Balance. On entre en prière comme on s' apprête au combat: à coup de petites manies, de peintures sur la peau de l' âme.

Un pilier cache à demi la silhouette drapée dans sa solitude de cellule.
Elle penche pour mieux téter les nues. Se plie pour caresser le ciel.
De sa nuque inclinée, soumise et fière de battante et de vierge, monte une voix silencieuse, épaisse, absorbant tout l' espace, tapissant de clémence la dureté des pierres, enturbanant de fièvre le pâle ivoire des statues.
Elle tourne sur elle-même, les genoux restant là, à contenter la terre, le buste offert au vent divin, aux baisers de l' époux. Herbe ou tige ondulante, frêle derviche, poussant la chair abandonnée dans des girations incertaines, des oscillements de funambule.

Tout juste éclose d' une lumière de vitrail, elle a quitté ce monde.
Par elle, Dieu a trouvé son chant.

jeudi 24 août 2017

Entre Nous ( IV )


Etroite est la parole
Pour dire le temps d' eau vive
Nos chairs piquées de feu
Forgeant un seul rivage
             
Chaque instant était fruit
Qui distillait son suc
Un éternel été
Aux saisons que nous sommes


samedi 24 juin 2017

Entre Nous ( III )



Sous le ciel piqueté de feuillage
la lumière est un chant d' église

Dors,
du long sommeil ivre
de l' enfant juste né
Nos histoires sont de peaux

Frottées de rires solaires