dimanche 19 mai 2019

Ichor ( 3 )


Sous le toit cérulé de tes yeux grands ouverts
la nuit même a perdu son ombre
Et ton souffle pareil à un cygne

Ouvre les eaux nocturnes
en défroissant le clair étang
D'un soir qui repousse aux lisières

Le temps qui bat son chant tribal, la triste fin des choses



mercredi 15 mai 2019

Ichor ( 2 )


Entre tes cils,
l'ombre a son fanal
et j'entre dans la nuit
comme une barque baignée de lune

Tu veilles sans impatience,
je m'endors sous ta peau




mercredi 8 mai 2019

Ichor


Nos corps sont pris d'un même sable
Longtemps j'ai longé
le clair espace où bat ton sang

Que serait le paradis
sans cette mer étale
au froissis des chambres rompu ?

Tes bras refermés sont ma conque
Et la nuit a beau faire,
ne s'étend que très bas


dimanche 3 février 2019

Frimaire


C'est un jour comme les autres, toujours la même histoire
d'un hiver qui tourne et tourne comme
le lichen en charpie dans la panse des boeufs

Ecrire, dis-tu, mais quoi
quand on est soi-même l'hiver,
ses cristaux de silence ?
Que tout ce qui palpite
corail et sang, peaux vives
se replient en gésine au fond des gorges sèches ?

Les mots en deuil fauchent large
Reviennent les lunaisons
où s'écrit le poème

Vers toi, ma pierre d'angle,
Rouleront des mots nus, seulement bagués d'or


dimanche 16 décembre 2018

Nocturnes ( en aparté )


Il fallait bien qu'il finisse
le soir hurlant en son hiver
Le gris cortège aux têtes dévissées

Il fallait bien s'en défaire
comme d'un manteau glacé de bruine

Nuit de miel noir
enlisée dans nos gorges
J'ai cueilli ton levant

Tisonné de mon souffle une aube gracile


mercredi 17 octobre 2018

In cathedra


Etait-ce le ciel déjà
Quand des liernes de roses exhalaient leur encens ?

Les orgues chantaient des louanges, en vieux ténor de cuivre
Une lumière de vitrail partout jetait ses confettis

Vers quelle noce allait-elle dans son corps en ogive
Quelles prières martelait le bruit sec du bâton ?

Mêmes orgues et même encens
même soleil en rosace
Sur le bois du cercueil
qui va pareil

Au scarabée griffant son chemin de poussière

lundi 1 octobre 2018

Nocturnes ( fin )


Et de l'arche de celle qui nous tient séparés
jette tes rîmes en caresses

Dis-moi l'aube et le calice du jour

L'ombre froidit
demain déjà tisonne ses clartés

Ô nuit, je fus ta sentinelle !