jeudi 18 août 2016

Paroles d' astre. Verbe de chair ( V )


Dès lors, de ce côté des eaux
Le coeur est de chaux vive et la chair un verger
Et tout se mêle et s' enfle
Au piétinement cuisant
Des manades

Les yeux se font sauvages
Hérissés d' impatience
Tandis qu' un chant ultime
( cri stellé d' entrailles et de fièvre )
Rend la vague
Au jusant


mardi 2 août 2016

Paroles d' astre. Verbe de chair ( IV )


Etrangeté des corps 
S' ouvrant de toutes parts
De nos gorges lubriques à la saignée
Des reins

Et très chaste pourtant
La chair étreinte
Comme l' herbe avant la pluie
Offre, innocente, au ciel
L' exacte entièreté
De son effloraison
Radieuse



mardi 19 juillet 2016

Paroles d' astre. Verbe de chair ( III )


Dans le silence des chambres
Bruissent nos lèvres
Phalènes s' abreuvant
Aux moiteurs des ravines

Lève l' ancre, invite
Au voyage immobile
Le corps de plumes que les siècles ont quitté

L' instant se fait liquide
A fondre les deux rives

mercredi 29 juin 2016

Paroles d' astre. Verbe de chair ( II )


Mille bouches démones ont pris possession de la nuit
Et de ses eaux charnelles

Levés d' embruns de hautes mers
S' arquent les corps
Comme des îles immergées
Cherchant le souffle tiède

D' un ciel couché entre tes bras

samedi 25 juin 2016

Paroles d' astre. Verbe de chair ( I )



Ivre la vague qui vient aux lèvres
Se défait en un cri
S' échauffe encore et cède,
Sans rompre,
Au chant solaire

( il faut l' ombre au sabir
des peaux offertes aux brisants )








dimanche 29 mai 2016

Impressions, paysages minuscules ( 15 )


Ici la pierre est blonde comme à l' ambre du soir; des vierges en totem gardent le seuil des anges
Là, l' été se cogne aux moellons, couleur de raisins noirs. A la poigne patiente des murailles.
Ici un silence de cantique, un bruissement d' Angélus.
Là le vacarme du sang, le bourdonnement du fer. Le souffle des juments aux poitrails bardés.
Ici le livre et là l' épée. Ici le creux, là l' horizon.
Là le ciel incendié et la peur immobile.
Ici la main qui sème et la terre comme un sein, téton d' orge germé.
( au champ d' éternité la mort n' est rien de plus qu' un envol de sitelle
dans la fourrure du soir )

Ici la lumière en rosace.
Là, la neige sur les cerisiers.

Partout nos jeux d' enfants pour redresser les ruines.
Et nos amours nubiles, comme une torche vive, désencerclant nos jours de leur nuit
de vestiges.



lundi 16 mai 2016

Déjà partie je demeure ( 6 )


( c' est là, dans les os sous les
cils à la pulpe des doigts la soie
veinée des lèvres deux fauteuils de bois
bleu dans l' ombre du jardin et tout
ce que tu laisses un sourire
sur la table un visage dans ma chair trois mots
baisotent encore au rai des volets clos... )

L' aube précède nos nuits, la soif nos fatigues
Le temps marche à l' envers
Demain déjà a fui

Au premier soir d' exil
Où fleurit la patience
Les champs sertis de neige

Scandent le nom du fruit