jeudi 29 décembre 2011

Esquive ( 2 )


Il avait
Le bagout du marin
Et le regard des sages
Des filles en grappes
Sur les genoux
Je crois qu' il s' amusait
De cette danse de sioux
Et cette façon que tu avais
D' éviter les miroirs
Il a guetté le premier frisson
Enroulé
Ses torsades à ton cou
Tu l' as remercié d' un sourire
Puis d' un doigt sur la bouche
Ailleurs toujours
Avant que d' être
Sous tes dents
Crissait déjà
Le sable de l' esquive

Au bout du quai
Paris poissait dégueulasse
Tu as fait venir Son visage
Pour dissiper tes brumes
Et puis tu as pensé
Au matin mauve
En baie de Somme
A la place vide
A ton sillage
De marées basses
Et de lits froids
...

Là-bas s' éteignait le fanal
Piqué de noms d' oiseaux
Et de poissons volants

6 commentaires:

  1. Qui êtes-vous, Agnès, pour écrire ainsi :)

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  2. Ah, les "matins mauves en baie de Somme"...
    J'aime ces histoires de rencontres ou d'absences. De rencontres d'autant plus appréciées qu'elles suivent une absence, mais d'autant plus redoutées aussi, puisqu'il y a eu tellement d'absences, déjà. L'esquive est-elle la seule solution?

    Le "il" est celui dont parle la narratrice, qui parle d'elle en "tu" Ce "tu" est-il un "je"?

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  3. J'aime qu'il n'y ait pas de point, que le lecteur fasse ses propres césures (qui prennent du temps à faire entendre leur évidence)...

    Qui ne traîne "son sillage de marées basses et de lits froids" ? :)
    Elle est belle cette image. Comme le disait Vincent je crois dans un commentaire (lui il disait qu'il pourrait tuer...), je me damnerais pour écrire ça :)

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  4. Michèle: Surtout n' en faîtes rien.. votre fougue me manquerait !-)
    PS: .. quelqu' un d' on ne peut plus ordinaire vous savez :)

    Feuilly: Le tu est toujours un jeu.. :)

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  5. Votre texte dit par Léo Ferré, sur fond d'orchestre symphonique, ça aurait de la gueule. Dommage, il est mort, mais on peut trouver quelqu'un d'autre ;.)
    Bonne année.
    gballand

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  6. Un orchestre symphonique, rien que ça !?

    Léo, je prends :)
    Du coup j' ai relu mes mots avec son phrasé.
    On n' oublie rien des sourires ni des voix..

    Très bonne année à vous aussi, Ghislaine :)

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